[Chronique] La nouvelle politique énergétique indonésienne influence les pratiques juridiques et commerciales – Nouvelles tendances révélées par la réglementation sur la valorisation énergétique des déchets et la politique énergétique nationale

✅ En gros

🔋 L'Indonésie publiera deux nouvelles réglementations énergétiques en octobre 2025, axées sur la valorisation énergétique des déchets et le commerce transfrontalier d'énergie. 📋 Le décret présidentiel n° 109 redéfinit la valorisation énergétique des déchets et unifie le prix d'achat de l'électricité de PLN. ⚖️ Le décret gouvernemental n° 40 autorise le commerce transfrontalier d'énergie et fournit un cadre juridique aux exportations d'énergie renouvelable vers Singapour. 🏢 Ces mesures auront également un impact majeur sur les entreprises japonaises : leurs programmes d'investissement, leurs permis et leurs structures contractuelles devront être revus.

table des matières

Introduction

Cette fois-ci, nous allons expliquer les dernières réglementations relatives à l'énergie en Indonésie.

En octobre 2025, le gouvernement indonésien a publié deux réglementations énergétiques importantes : le décret présidentiel n° 109 (PR 109/2025) sur la valorisation énergétique des déchets (WtE) et le décret gouvernemental n° 40 (GR 40/2025) établissant la politique énergétique nationale .

Ces réglementations reflètent la tendance à la transition énergétique et à la décarbonation dans la région de l'ASEAN, et sont considérées comme des évolutions que les entreprises japonaises impliquées dans les énergies renouvelables et l'économie circulaire ne peuvent se permettre de manquer.
L'Indonésie est une destination d'investissement majeure pour les entreprises japonaises, et l'appétit pour les investissements dans les secteurs des énergies renouvelables et des infrastructures est particulièrement fort. Il est donc important de clarifier ces réglementations d'un point de vue juridique et d'examiner les points pratiques à prendre en compte.

Contexte de la politique énergétique indonésienne

L'Indonésie, première puissance économique de l'ASEAN avec une population d'environ 270 millions d'habitants, voit sa demande énergétique croître d'année en année. Parallèlement, le problème de la gestion des déchets en milieu urbain s'aggrave, engendrant pollution environnementale et conséquences néfastes sur la santé publique.

Par ailleurs, le gouvernement indonésien s'est fixé pour objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, et le développement des énergies renouvelables est devenu une priorité politique.
Dans ce contexte, l'objectif principal de cette réforme réglementaire semble être la mise en place d'un système d'utilisation des déchets comme énergie renouvelable et la promotion des exportations d'énergie renouvelable par le biais du commerce transfrontalier d'électricité.

Règlement présidentiel 109 — Réforme de la réglementation sur la valorisation énergétique des déchets

Comparaison avec la réglementation précédente

Le décret présidentiel PR 109/2025 modifie le décret présidentiel n° 35 de 2018 (PR 35/2018).
Il convient de noter que les réglementations précédentes avaient été explicitement jugées « inefficaces ».
Cette déclaration traduit la reconnaissance par le gouvernement des problèmes liés à la conception du système précédent et sa ferme volonté de mettre en place un cadre plus efficace.

Principaux enseignements et implications pratiques

Les points principaux du décret présidentiel 109/2025 sont les suivants :

Portée de la valorisation énergétique des déchets

Le règlement définit quatre types de valorisation énergétique des déchets (PSE : Pengolahan Sampah menjadi Energi) utilisant des technologies respectueuses de l'environnement :

  • Valorisation énergétique des déchets (PSEL)
  • biomasse et biogazéification
  • Des carburants renouvelables peuvent être produits
  • Autres sous-produits

La réglementation actuelle se concentre principalement sur le PSEL (Pass-to-Electrification), les trois autres catégories devant être détaillées dans de futurs règlements d'application du ministère de l'Énergie et des Ressources minérales (MEMR).
Cette approche progressive vise probablement à privilégier dans un premier temps les méthodes d'électrification éprouvées, avant de déployer progressivement d'autres méthodes.

critères d'admissibilité des administrations locales

Les exigences suivantes sont imposées aux collectivités locales accueillant des projets PSEL :

  • Capacité de traitement des déchets de plus de 1 000 tonnes par jour
  • Garantir les budgets locaux (APBD) pour la collecte et le transport des déchets
  • Mise à disposition gratuite de terrains pendant la construction et l'exploitation
  • Adoption de réglementations locales concernant les frais de service d'assainissement

Ces exigences sont des conditions préalables à la pérennité du projet. En particulier, la mise à disposition gratuite du terrain et l'obtention d'un budget représenteront un effort financier considérable de la part des collectivités locales, et il conviendra donc, en pratique, d'examiner attentivement leur choix.

Le rôle des entreprises publiques et les obligations d'achat de PLN

Une entreprise publique (BUMN) relevant du Conseil indonésien de gestion des investissements (BPI Danantara) est chargée de sélectionner et d'investir dans les opérateurs PSEL (BUPP PSEL), et la compagnie d'électricité publique PT PLN est obligée d'acheter l'électricité produite par PSEL.

Auparavant, l’appel d’offres concurrentiel était la norme, mais le PR 109/2025 autorise la désignation directe dans certaines circonstances, par exemple lorsqu’il n’y a qu’un seul soumissionnaire ou lorsque le ministre de l’Environnement déclare une urgence en matière de déchets.
Si cette flexibilité permet un développement commercial rapide, des préoccupations subsistent en matière de transparence et de compétitivité.

Unification des prix d'achat de l'électricité

Le changement le plus notable est l'unification du prix d'achat de l'électricité à un tarif uniforme de 0,20 $US par kWh pour toutes les capacités.
En vertu de la précédente PR 35/2018, le tarif était de 0,1335 $US/kWh pour l'électricité inférieure à 20 MW, et une formule progressive était appliquée pour l'électricité supérieure à 20 MW, mais cette révision a considérablement simplifié le système de tarification.
Bien que ce tarif unifié facilite la prévision des revenus pour les opérateurs, il pourrait s'avérer plus désavantageux qu'auparavant pour les grands opérateurs.
Il est également important de noter que le MEMR se réserve le droit de revoir ses tarifs dans certaines circonstances, et que le risque de fluctuations futures des prix doit également être pris en compte (une caractéristique de l'Indonésie est que de tels risques se concrétisent souvent).

mesures transitoires

Pour les projets PSEL existants, le PR 35/2018 existant continuera de s'appliquer si le soumissionnaire a été désigné, si un accord de coopération a été signé ou si un accord d'achat d'électricité (PPA) a été conclu.
Toutefois, si des difficultés techniques ou un échec en matière de réduction des déchets sont constatés, les parties peuvent convenir d'une transition vers la nouvelle réglementation.
Cette mesure transitoire peut être considérée comme un mécanisme qui protège les intérêts acquis des entreprises existantes tout en encourageant les entreprises dont les performances sont insuffisantes à passer au nouveau système.

Règlement gouvernemental n° 40 — Politique énergétique nationale et commerce transfrontalier d'électricité

Cadre juridique du commerce transfrontalier d'électricité

Le décret gouvernemental GR 40/2025 modifie le décret gouvernemental n° 79 de 2014 et constitue un règlement complet qui définit la stratégie énergétique à long terme de l'Indonésie.
Il convient de souligner en particulier que, pour la première fois, un cadre juridique clair a été établi pour le commerce transfrontalier d'électricité.

Les principales dispositions sont les suivantes :

Système consolidé d'importation et d'exportation d'électricité

Les échanges transfrontaliers d'électricité doivent être effectués par l'intermédiaire de PT PLN ou d'une entité désignée par le gouvernement.
En principe, les entreprises privées de production d'électricité ne sont pas autorisées à commercer directement avec les consommateurs étrangers et doivent vendre leur électricité à PLN ou à des entités désignées, qui se chargent ensuite de l'importation et de l'exportation.
Ce système centralisé est perçu comme le reflet de l'importance accordée par le gouvernement à la gestion de la sécurité énergétique, mais dans le même temps, les entreprises privées peuvent s'inquiéter des restrictions d'accès au marché et de l'étouffement de la concurrence.

Politique de la porte unique

Les activités d'importation et d'exportation de charbon, de gaz naturel, de biocarburants et d'électricité sont effectuées par le biais du système de guichet unique intégré (PTSP).
Ce processus d'octroi de licences centralisé vise probablement à simplifier les procédures et à renforcer le contrôle de la conformité.

normes d'importation et d'exportation

Les exportations transfrontalières d'électricité sont autorisées afin d'améliorer l'efficacité et la sécurité d'approvisionnement, et devraient générer des avantages économiques en exportant l'électricité excédentaire tout en privilégiant la demande intérieure.
Les importations d'électricité sont également autorisées à des fins similaires, notamment lorsque les infrastructures nationales sont insuffisantes, par exemple pour alimenter les zones frontalières.

Transactions d'échange

Le règlement GR 40/2025 autorise également les transactions d'échange de ressources énergétiques.
L'électricité peut également être échangée contre d'autres sources d'énergie ou matières premières, ce qui permet une flexibilité commerciale.

La position monopolistique de PLN et ses défis pratiques

La promulgation du décret GR 40/2025 constitue une avancée majeure en fournissant une base juridique aux exportations d'énergie renouvelable d'Indonésie vers Singapour.
Singapour s'est fixé pour objectif de couvrir 30 % de ses besoins en électricité grâce à de l'électricité à faible émission de carbone provenant de l'extérieur de la région d'ici 2035, et a positionné l'Indonésie comme un fournisseur potentiel important.

Cependant, de nombreux défis pratiques subsistent : PLN étant le seul agrégateur d’exportation d’électricité, les producteurs d’électricité privés seront contraints de dépendre entièrement de PLN pour accéder aux marchés d’exportation.
Si cela doit être effectivement mis en œuvre, de nombreux points devront probablement être clarifiés dans les futurs règlements d'application et les opérations pratiques, tels que le pouvoir de négociation des prix, la transparence des termes contractuels et la garantie d'un environnement concurrentiel.

De plus, le GR 40/2025 représente une orientation politique de haut niveau, et les détails spécifiques de mise en œuvre seront laissés à de futurs règlements de niveau inférieur (ce qui est également courant dans les systèmes indonésiens).
Comme il s'agit d'une activité liée aux infrastructures, un investissement important sera nécessaire pour faire progresser l'entreprise.
C’est pourquoi il convient d’être prudent lors de la prise de décisions d’investissement tant que les détails pratiques tels que les procédures d’autorisation, les normes techniques et les modèles de contrats ne sont pas établis.

Implications pratiques pour les entreprises japonaises

Ces nouvelles réglementations devraient avoir les effets pratiques suivants sur les entreprises japonaises développant des projets d'infrastructures d'énergies renouvelables en Indonésie :

Examen du programme d'investissement

Les entreprises qui envisagent de se lancer dans la valorisation énergétique des déchets doivent concevoir un plan d'investissement qui tienne compte des critères d'éligibilité des collectivités locales et de la structure de collaboration avec les entreprises publiques.
En particulier, la consultation préalable des autorités locales et les garanties juridiques sont importantes en ce qui concerne la mise à disposition gratuite des terrains et la certitude de l'approvisionnement en déchets.

Examen de la structure du contrat

L’unification des prix d’achat de l’électricité pourrait nécessiter une restructuration des modèles de revenus.
En outre, les dispositions contractuelles doivent être soigneusement examinées du point de vue du partage des risques, comme le pouvoir du MEMR de revoir les prix et les clauses d'indemnisation dans le cas où la quantité de déchets fournis ne correspondrait pas à la quantité contractuelle.

Répondre aux besoins transfrontaliers du secteur de l'électricité

Pour les entreprises intéressées par le commerce transfrontalier de l'électricité, comme l'exportation d'électricité vers Singapour, il est essentiel d'établir une relation avec PLN.
Il est nécessaire de clarifier à l'avance les questions qui se poseront lors des négociations contractuelles, telles que la tarification, la répartition des risques et les mécanismes de règlement des différends, dans le cadre du programme d'exportation via le PLN.

Comprendre le processus d'octroi de licences

L'introduction de la politique de guichet unique par le biais du système PTSP devrait unifier les procédures d'octroi de licences, mais il faudra probablement un certain temps avant qu'elle ne devienne effectivement opérationnelle.
Il est important de suivre en permanence l'évolution des réglementations d'application pertinentes et d'obtenir l'appui d'experts locaux lorsque cela s'avère nécessaire.

résumé

Le décret présidentiel n° 109 et le décret gouvernemental n° 40 de l'Indonésie, publiés en octobre 2025, marquent un tournant important dans la politique énergétique du pays.

La réforme de la réglementation sur la valorisation énergétique des déchets offre un cadre pratique permettant de traiter simultanément les questions environnementales et de promouvoir l'introduction des énergies renouvelables, et la légalisation du commerce transfrontalier d'électricité peut être considérée comme un pas vers l'intégration énergétique au sein de la région de l'ASEAN.

En revanche, de nombreux obstacles pratiques subsistent, tels que la position monopolistique de PLN, le manque de transparence du mécanisme de tarification et l'absence de réglementation d'application.
Pour que les entreprises japonaises puissent tirer parti de ces nouvelles réglementations et saisir les opportunités commerciales, une analyse approfondie des aspects juridiques, financiers et techniques, ainsi qu'une communication étroite avec les autorités locales et les partenaires, seront essentielles.
Il sera probablement nécessaire de continuer à se tenir au courant des dernières tendances en matière de réglementation énergétique en Indonésie.

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